Une NDE pour en faire quoi ?
En entamant cette recherche sur l'évolution de la croyance à la survie après la mort dans la société française sous la direction de Louis-Vincent Thomas, je ne pensais pas mettre le petit doigt dans une recherche aussi longue qui dure depuis 20 ans, ni aussi complexe.
Dans notre société du XXIe siècle, la mort comme l'a si bien montré Philippe Ariès, était devenue obscène, ensauvagée. Il fallait faire comme si elle n'existait pas, en parler le moins possible « et si on la faisait venir en en parlant ? » jusqu'au moment où elle vous tombait dessus pour soi-même, par la fin d'un proche que l'on chérissait ou pire encore, rendue encore plus obscène par celle de l'enfant ou d'un jeune tué sur la route.
Puis vint en 1974 le livre sur les NDE « La vie après la vie » du professeur Moody vendu en France à plus d'un million d'exemplaires. Voilà, qu’était proposée une nouvelle possibilité d'approcher cette fin de vie, une possibilité donnant de l'espoir. Et si c'était vrai qu'ils aient raison et que vivant cette expérience, ils aient réellement vu que la vie continuait après la cessation de l'activité du corps ?
La question était d'importance car au plan personnel pour ceux qui avaient vécu cette NDE et au plan social pour les autres, elle remettait en cause cette approche de la fin de vie et nous interpellait.
Pour moi, en tant qu'anthropologue, je posais l'hypothèse que cette expérience agissait comme un médicament anxiolytique évacuateur de la peur de la mort. C'était simple, clair, nous demeurions dans la tendance du moment, de la norme en quelque sorte. Mais c'était sans compter sur la complexité de l'être humain et de l'objet « NDE »
Pourquoi « objet » ? Parce que bien que son contenu soit subjectif (il s'agit du récit d’un « vécu ») il n’en demeure pas moins qu’elle possédait intrinsèquement un contenu objectif à analyser d'un point de vue méthodologique, en un mot « scientifique ».
C'est ainsi que cette aventure a commencé...
Danielle Vermeulen
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